À bord du Transsibérien : d’Irkoutsk à Oulan-Bator

Irkoutsk — Oulan-Bator (23 heures, 1 nuit). 

C’est la tête déjà remplie d’images de grands espaces, de falaises et des reflets cristallins de l’eau pure du Lac Baïkal que nous retrouvons le confort unique d’un compartiment en 2e classe. Il est 8 h 08; la journée du 15 août a commencé tôt. Nous élisons rapidement domicile provisoire dans nos quartiers exigus. Avec ce troisième segment de notre trajet sur le Transsibérien, une certaine routine s’installe : les enfants savent qu’ils doivent laisser la voie libre à l’organisation, les bagages sont éventrés méthodiquement, le strict essentiel est placé de manière logique et réfléchie et le surplus est rangé au-dessus de la porte, les deux gros sacs d’épicerie réutilisables entrent docilement sous l’une des banquettes, près de la fenêtre, et les draps et couvertures – cette fois en laine de mouton de Mongolie – sont vite étendus sur les couchettes pour le confort de chacun.

À peine pensions-nous avoir fait nos adieux au lac Baïkal que nous le retrouvons, pour notre grand bonheur, au détour d’un des nombreux méandres de la voie ferrée. S’il nous paraissait déjà très grand, nous constatons vite qu’il s’étend bien au-delà de ce que conçoit l’entendement. Ce n’est pourtant que la partie sud de cette immense masse d’eau douce que nous longeons. Par endroits, le train passe si proche qu’on croirait presque pouvoir y plonger la main en s’étirant un peu.

Quand sonne l’heure du dîner (le déjeuner, pour nos amis Français), nous sortons enfin les petites tourtes et tartes à la néo-zélandaise achetées à Irkoutsk, chez un marchand recommandé par le Lonely Planet. Une chouette façon de varier le menu à bord. Un vrai petit festin!

Le tracé croise les anciennes routes caravanières des marchands de thé des 18e et 19e siècles. Quelques dizaines de kilomètres avant de quitter les rives du lac, nous entrons en Bouriatie, l’une des vingt-deux républiques de Russie.

Nous arrivons à la frontière russo-mongole en début de soirée. Nos trois jeunes baroudeurs sont installés devant un film téléchargé à l’avance, question d’assurer une certaine quiétude pendant l’attente. Nous sommes alors à 5902 km de Moscou. Le train y fait halte pendant plusieurs heures, le temps de procéder aux vérifications d’usage de la douane. D’abord dans un premier temps du côté russe, où on nous demande d’ouvrir un sac à dos, puis environ une demi-heure de route plus loin, du côté mongol. Nous en profitons pour socialiser avec un couple de diplomates, une Chilienne et un Argentin, qui habitent au Japon avec leur petite fille. Quand le train repart enfin, très tard en soirée, enfants et parents sombrent en un rien de temps dans les bras de Morphée, épuisés, mais excités de conquérir un nouveau territoire.

La nuit est de courte durée, puisqu’il nous faut sortir du train à 6 h 50, après avoir déjeuné et tout ramassé. Nous remercions notre provodnitsa mongole d’un «bayarlalaa» incertain. C’est sur le quai de la gare d’Oulan-Bator que nous rencontrons Soyol pour la première fois. Il nous attend, à cette heure matinale, pour nous amener à l’auberge, où sa femme Urnaa nous propose un petit déjeuner qui, dans les circonstances, paraît aux enfants comme l’un des meilleurs qu’ils aient mangé de leur vie. Pour notre part, nous savourons le sentiment d’avoir fait le bon choix. Celui du voyage, celui de la Mongolie, celui de l’auberge.

Nous voilà donc en Mongolie! De grands espaces, en veux-tu, en voilà!

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